Oblitération du courrier déposé sur un bateaux

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    Les premières lignes commerciales de navigation furent créés, dès 1882, par les pays ayant des intérêts économiques en Afrique : les Pays-Bas, le Royaume-Uni, la France, l'Allemagne et le Portugal. Les nombreuses compagnies qui ont organisé des services réguliers entre l'Europe et l'Afrique ont transporté le courrier de et vers le Congo. Il en résulte un ensemble d'oblitérations ou marques de passage.
Le courrier écrit à bord des paquebots ainsi que le courrier qui n'a pas été oblitéré avant l'embarquement a, sur certaines lignes de navigation, reçu une oblitération ou une estampille au moyen d'un cachet propre au bateau ou à la compagnie maritime. Les bateaux des lignes anglaises, hollandaises et portugaises n'étaient pas dotés de cachets ou de griffes spécifiques. On ne distingue les plis ayant empruntés ces lignes que grâce aux cachets à date apposés aux escales.

Convention Postale Universelle signée à Madrid le 30 novembre 1920.

Article 13 - Affranchissement des envois ; coupons réponse ; franchise de port

§ 5 - Les correspondances déposées en pleine mer dans la boîte d'un paquebot ou entre les mains des agents des postes embarqués ou des commandants de navire peuvent être affranchies, sauf arrangement contraire entre les Administrations intéressées, au moyen des timbres-poste et d'après le tarif du pays auquel appartient ou dont dépend ledit paquebot. Si le dépôt à bord a lieu pendant le stationnement aux deux points extrêmes du parcours ou dans l'une des escales intermédiaires, l'affranchissement n'est valable qu'au tant qu'il est effectué au moyen des timbres-poste et d'après le tarif du pays dans les eaux duquel se trouve le paquebot.

Règlement d'exécution de la Convention Postale Universelle. - IX – Application des timbres.

§ 3 – Le timbrage des correspondances déposées sur les paquebots, dans les boîtes mobiles ou entre les mains des agents des postes embarqués ou des commandants incombe, dans les cas prévus par le § 5 de l'article 13 de la Convention, à l'agent des postes embarqué ou, s'il n'y en a pas, au bureau de poste auquel ces correspondances sont livrées en main. Le cas échéant, celui-ci les frappe de son timbre à date ordinaire et y appose la mention "Paquebot" soit à la main, soit au moyen d'une griffe ou d'un timbre.

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Compagnie belge maritime du Congo




    Il n'existe aucune convention entre les postes belge ou congolaise et la compagnie explicitant les modalités d'application et le graphisme des oblitérations. C'est le motif principal de la multiplicité des cachets nominatifs des bateaux.
    La Compagnie belge maritime du Congo a fait naviguer plusieurs bateaux successifs qui portèrent le même nom. Il n'est pas possible d'attribuer une période précise d'utilisation aux divers cachets. Ils sont en effet muets quant aux dates. Les données permettant parfois de les situer dans le temps proviennent des dates en tête des correspondances, des timbres-poste utilisés et des dates de changement du tarif postal. Avant 1910, les griffes des paquebots servent à estampiller les correspondances sans utilisation postale. Les cachets semblent perdre leur utilité à la fin de la deuxième guerre mondiale. Après 1950, l'oblitération est pratiquement toujours une oblitération de complaisance. Les voyageurs avaient-ils perdu le goût d'écrire ?
    Le 27 octobre 1923, le Ministère des Colonies, se basant sur l'article 13 de la Convention Postale, signifie à la Compagnie qu'à partir du 13 novembre, date qui correspond au départ du Thysville, la correspondance déposée en pleine mer à bord de ses bateaux sera affranchie au moyen des timbres-poste de la Colonie et ce au tarif qui y est appliqué. En principe avant cette date le courrier de haute mer est affranchi au moyen de timbres belges.
    On pourra s'étonner d'une réponse du Ministre des Colonies à une question parlementaire en date du 22 novembre 1928 :
"Il n'existe pas de service postal à bord des bateaux de la Compagnie belge maritime du Congo.
Toutefois, pour rendre service aux passagers, les correspondances y sont recueillies par le commissaire de bord qui les remet aux offices postaux des ports de débarquement.
 La Compagnie belge maritime du Congo a pris l'habitude d'apposer sur ces correspondances un cachet qui ne relève pas du contrôle de l'administration postale de la Colonie."
    On trouvera les oblitérations spécifiques de chaque bateau à son appellation.

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Paquebots français

Compagnie des Chargeurs réunis
    La Compagnie des Chargeurs réunis exploite, dès le 10 juillet 1889, une ligne régulière (ligne L) au départ de Bordeaux vers Loango faisant escale à Boma et Matadi. L'agent des postes oblitérait (ou apposait un cachet de transit) les lettres confiées aux bateaux.
    De 1889 à 1908, bien que la ligne soit officiellement limitée à Libreville (Loango) elle desservait déjà Matadi et Loanda (Angola). On utilisait un cachet "Bordeaux à Loango" à l'aller et "Loango à Bordeaux" au retour. Jusqu'en 1899 deux bateaux sont affectés à la ligne : "N° 1" et "N° 2", en 1899 s'ajoute le "N° 3" et en 1901 le "N° 4".

    En 1908, la ligne est prolongée officiellement jusqu'à Matadi. On utilise un cachet "Bordeaux à Matadi" à l'aller et "Matadi à Bordeaux" au retour. Il y a trois bateaux affectés à la ligne L.
 
    En 1920 le bateau Afrique sombre lors de son voyage du 12 janvier et le cachet "Matadi à Bordeaux L. L. N° 1" est perdu. Ce cachet sera remplacé par "Matadi à Bordeaux A"

    En 1921, la ligne est prolongée jusqu'à Pointe Noire (au sud de Loango).
    En octobre 1921, la suppression des contrôleurs postaux, par mesure d'économies, entraine l'abolition des cachets spécifiques. Des annulations administratives furent alors apposées par les commissaires de paquebots sur les correspondances qui leur furent remises en cours de voyages, selon une procédure admise semble-t-il bien qu'aucun texte officiel concernant cette pratique n'ait été retrouvé.


Le 30 juin 1922, le paquebot Asie quitte Matadi en direction de Dakar et Bordeaux.
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Messageries Maritimes
    De 1912 à 1940, la Compagnie des Services contractuels des Messageries Maritimes exploite la ligne de l'Océan Indien de Marseille à la Réunion. Les services contractuels des Messageries Maritimes étaient une division à part dans la Cie. Ils assuraient les liaisons postales ainsi que le transport (gratuit) des fonctionnaires (français). Le courrier en provenance du Congo était embarqué à Mombassa. 


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Paquebots allemands

Woermann Linie
    Les bateaux allemands de la Woermann Linie qui effectuaient de nombreux voyages entre Hambourg et le Sud-ouest Africain Allemand faisaient souvent escale à Banana (plus tard à Matadi). Ils avaient un agent postal à leur bord qui apposait un cachet de passage sur le courrier confié à ses soins. Ces bateaux transportaient le courrier entre l'Allemagne et ses colonies. Les plis pour le Congo dont l'expéditeur ne résidait pas en Allemagne devaient porter une indication spécifique pour être transportés par les bateaux allemands. Les cachets apposés ne semblent pas avoir été attribués à un bateau mais bien à l'agent des postes qui accompagnait le bateau. Si l'agent changeait de bateau le cachet changeait également.

vers 1900
Deutsche Seepost Linie
Deutsche Schiffspost
Deutsche Schiffspost
Deutsche Afrika Linien
Deutsche Seepost
Linie

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Lignes anglaises, hollandaises et portugaises

    Les bateaux des lignes anglaises, hollandaises et portugaises n'étaient pas dotés de cachets ou de griffes spécifiques. On ne distingue les plis ayant empruntés ces lignes que grâce aux cachets à date apposés aux escales ou parfois par une demande de routage manuscrite de l'expéditeur. Encore faut-il pouvoir vérifier que la poste ait accédé à cette demande car on peut supposer que, routage demandé ou pas, le courrier était expédié par le premier bateau en partance.
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Paquebots portugais

    Pendant de nombreuses années et dès 1882 la compagnie Empreza Nacional assure le service maritime le plus régulier entre Lisbonne et et la côte africaine. Les départs de Lisbonne avaient lieu les 6 et 21 de chaque mois en direction de Loanda avec escale à Banana. Lorsque les bateaux ne faisaient pas escale à Banana le courrier était transporté par de petits bateaux côtiers entre Cabinda ou Loanda et Banana. Le service était néanmoins suspendu lorsqu'une épidémie survenait à Lisbonne comme ce fut le cas en été 1899.
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Paquebots hollandais

    Dès 1879, les bateaux tel que l'Afrikaan de la  Nieuwe Amsterdamsche Handelsvennootschap ont assuré un service irrégulier entre Rotterdam et Banana.

Ports et paquebots britanniques

    De 1883 à la fin du siècle les bateaux britanniques de la compagnie Hatton et Cookson quittaient Liverpool pour Banana. Ensuite ils atteignirent Boma et Matadi. Le Durobin Castle (Union Castle Line) assura le premier service direct entre Anvers et Banana en octobre 1885. En 1891, la British Africa Steamship Company et la compagnie allemande Woermann Linie s'entendirent pour assurer un service mensuel partant d'Anvers le 6 de chaque mois. Les navires britanniques Akassa, Congo ainsi que les bateaux allemands Lulu Bolhen, Ed. Bolhen participèrent à ce service. Par après Southampton, Plymouth et Liverpool furent les trois ports britanniques de chargement et de déchargement des sacs postaux.

    
La Rochelle et Lisbonne furent deux ports d'Europe continentale utilisés comme transit pour la correspondance à destination du Congo. Il en résultat des marques de passage.
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Griffe "PAQUEBOT(S)"

    Cette griffe est une marque portuaire devant être apposée, d'après l'article IX § 3 du règlement d'exécution de la Convention Postale Universelle, sur toute correspondance arrivant par bateau dans un port. Elle se rencontre avec ou sans encadrement.
    D'après Raymond Salles (La poste maritime, Tome III, page 206), on rencontre la marque "Paquebots" dans un rectangle frappée sur des timbres français ou de l'Afrique Equatoriale Française ou du Moyen Congo accompagnée du cachet à date de Matadi, Boma ou Banana frappé à côté du timbre et ce de 1922 à 1933.
On connait quelques documents en provenance des Etats-Unis durant la seconde guerre mondiale portant la marque Paquebots.